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Mots de la semaine

Vous trouverez ici, chaque semaine (ou presque), la présentation (historique, sémantique ou contextuelle) d'un mot de la langue française, accompagnée de quelques réflexions sur son usage. En effet, à quoi servirait une connaissance approfondie du vocabulaire et du langage si elle ne conduisait pas à un début de recherche philosophique ? Ce ne seraient que des mots, vite emportés par le vent...

Bonne promenade !

Entêtement, obstination ou persévérance

30/03/2021

Où est donc la limite entre ces trois attitudes ? quelle différence y-a-il entre s’obstiner et persévérer ?
Comment discerner si je dois poursuivre ou m’arrêter ? Sachant qu’on dit de ceux qui réussissent que leur plus grande qualité est de ne pas avoir abandonné, devrait-on dire d’eux qu’ils ont fait preuve d’obstination, voire d’entêtement alors qu’on attribue une connotation péjorative à ces deux termes ? Mais comment différencier la persévérance (positive) dont ils ont fait preuve et l’obstination excessive ?
Il semble que l’étymologie nous fournisse encore des pistes intéressantes.


D’après lexilogos, citant l’Abbé de Marolles, l’entêtement est « état de celui qui s'est mis quelque chose en tête avec obstination ». Est donc entêtée ou têtue une personne obstinée (qui tient à son idée).
Le mot obstination met en avant une attitude statique et un combat. C’est le fait de se tenir (teneo) contre ou face (ob) un obstacle qui nous empêche d’avancer. L’obstiné n’avance donc pas, alors que le persévérant, quant à lui, profite du préfixe per qui indique un achèvement (comme dans parfait, parachever…) et suit (perseverare = poursuivre) sa route jusqu’au bout.


La persévérance est donc cette attitude qui consiste à avancer là où l’obstination piétine. Est-ce à dire que le persévérant ne rencontrera pas d’obstacles ? Certes non ! Mais il fera en sorte soit de les aplanir, soit de les contourner, et donc d’infléchir sa route alors que l’obstiné, par refus du pragmatisme ou par idéalisme, se fera arrêter par eux, faute de vouloir renoncer à l’idée initiale qu’il avait en tête ou tout du moins de vouloir l’adapter. Enfin, le persévérant va jusqu’au bout, même à petits pas, alors que l’obstiné trépigne.
« El que no déjà de andar y ir adelante, aunque tarde, llega » (Celui qui ne cesse de marcher et d’aller de l’avant, même s’il tarde, finit par arriver) disait Térèse d’Avila.

La question essentielle qui doit se poser, bien sûr, avant de se mettre en marche, est celle du but recherché. Car on peut s’obstiner ou persévérer dans l’erreur autant que dans la vérité… Il ne s’agirai pas, comme dans la blague populaire de faire faire faire un grand pas en avant à quelqu’un au bord de l’abîme, ou de lui demande de marcher droit s’il est à un grand tournant ! 

Comme un bon pilote à la barre de son bateau, le persévérant adapte son parcours aux vents et aux vagues sans jamais perdre de vue son cap. L’obstiné brise sa voilure et fonce droit sur les rochers.

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